2019
Mues, Résine, médium, plexiglas

Latence, Valentine Vera, 2019Latence, Valentine Vera, 2019

Epagôgè, du 22 au 30 novembre 2019, 59 rivoli, Paris

             Un soir le corps inerte, dépourvu de toute chair et d’ossature, s’offre aux yeux du monde. A la lumière aveuglante, son corps translucide suspend le passage entre la vie et la mort. Un soupir entre deux mondes, celui du visible et de l’invisible, celui des vivants et des morts. Des empreintes de corps enveloppent le vide et des mues de serpents s’entremêlent et se nourrissent au pied de cette exuvie.

Cet être cristallise la latence de ce monde.

             Ce corps vide est le témoin d’un passage, tel le serpent qui change de peau pour grandir, l’homme qui mue à la puberté, il est l’enveloppe dont on se débarrasse parce que la vie en a dit autrement, parce que la mort l’a façonné. Il est outil et trace d’un rite de passage.
            De nombreuses cultures ont fait du serpent un symbole de fécondité et du cycle de la vie, sa mutation étant souvent associée à la régénérescence. La latence est le fruit de la régénérescence, car il n’y a pas de mort sans vie, ni de vie sans mort.
La latence peut être habitée. Dotée de fermetures éclaires, on peut s’y glisser, l’habiter, et se métamorphoser.
           La latence est un nid de magie, il incarne les passages ritualisés et s’érige comme un réceptacle de l’anima.